
Chez Community Consulting, société de consultance comme disent les belges, elle recrute des informaticiens : développeurs, system engineers, project managers… Bref elle recrute sur un marché ultra-concurrentiel celui de l’IT. En quelques années, Lena a réussi à fédérer autour de son profil des candidats « hyper qualitatifs » comme elle dit. Diplômée d’un master en Ressources Humaines à l’Université de Louvain, elle a de bonnes bases en marketing, community building et création de contenu… des compétences nécessaires au social recruiting pour attirer des candidats idéaux ! Avec + de 4000 abonnés, elle s’apprête aujourd’hui à passer à la vitesse supérieure avec une vraie stratégie.
En Belgique, des sociétés de consultance en informatique, il y en a beaucoup : des françaises, des anglaises et des hollandaises etc. Nous, on embauche des CDI et des freelances. Un très bon candidat qui met son profil sur une plateforme peut être contacté 50 fois sur une journée.
Alors quel est notre point différenciant aux yeux des candidats ?
Je suis convaincue que c’est justement nous !
Qui nous sommes ?
Est-ce qu’ils peuvent nous faire confiance ?
Chez nous, on propose un vrai suivi RH, des évènements, on donne du feed-back qu’il soit positif ou négatif et on ne ghoste pas les candidats. Si on n’a pas de nouvelle du client ou si son profil n’a pas été retenu, on lui dit simplement.
Nous nous remettons sans cesse en question avec des workshop fréquents en équipe sur nos process et le parcours candidat. On a également la volonté de rester une petite société pour pouvoir garder le lien de proximité avec nos consultants et “keep up” avec la charge de travail pour ne pas que nos consultants deviennent des numéros.
Ma cible, ce sont des informaticiens. Utiliser une approche et un langage très « big four », ça ne fonctionne pas. Nos clients sont plutôt francophones. Mais je dois pouvoir parler à tous les candidats, et en Belgique le contexte est un peu particulier. Donc je parle français, anglais et néerlandais, même si je ne l’utilise pas au quotidien.
J’avais 600 connexions à mon arrivée, aujourd’hui j’en ai + de 4000 !
J’ai de bons résultats car des profils hyper qualitatifs me contactent après certains posts :
« Je suis intéressé d’en savoir plus »
« Est-ce qu’on peut prendre 5 min pour discuter ».
Je suis arrivée, il y a 1.5 ans et je n’avais même pas terminé mon master GRH. Je faisais du sourcing principalement. Niveau communication et marketing, on avait juste un logo et plus ou moins une charte graphique. Les fondateurs n'étaient pas prêts à investir dans cette stratégie-là. Je crois qu’ils n’avaient juste pas conscience de la puissance de LinkedIn ! Alors j’ai fait le cobaye avec mon profil LinkedIn. Et ils se sont rendu compte qu’il y avait des candidats et qu’ils répondaient à nos annonces. Pas besoin de dépenser des mille et des cents en LinkedIn recruteur pour faire la différence.
Moi, je trouve plus facile d’écrire un post que de faire du sourcing pendant 3h. Ca renforce la crédibilité en tant qu’expert. Je montre que je suis calée, je sais ce que je fais, je connais mon marché et mes candidats. Je leur donne confiance.
Je vais te donner un exemple.
Un jour, je contacte un candidat pénurique dans son entreprise depuis 7 ou 8 ans.
L’entreprise ne se porte pas bien.
Ce candidat a déjà un pied dehors.
Je me prends « un vent royal ».
Un mois après, il me recontacte :
« Je suis parti en vacances. J’ai réfléchi. J’ai vu tes posts. J’ai envie qu’on discute. »
Je pense qu'il a apprécié le discours “no bullshit et straight to the point” qu’il a pu retrouver tant en entretien que sous ma plume.
Faire du contenu quand on est recruteur, ce n’est pas simple et ce n’est pas la priorité, donc j’ai débloqué du temps pour ça dans ma nouvelle fonction.
Tout à fait ! J’aime beaucoup faire des demandes de connexion straight to the point « J’espère que vous allez bien. Mon client untel, je cite toujours le client, recherche tel profil. J’ai pensé que ça pouvait vous intéresser. On en discute ? That’s it. Une fois accepté, l’échange est plus fluide. Ca l’intéresse ou pas. J’essaie aussi de mettre une note humoristique ou d’avoir un ton léger. J’essaie de ne pas être trop pushy.
Ca y est ! On se met vraiment dans le bain.
En Belgique, quelques entreprises commencent à se démarquer en social recruiting.
C’est vraiment le moment de capitaliser là-dessus, pour être très en vue.
Je publie avec authenticité, sans chatGPT. L’authenticité, c’est vraiment l’important. Il faut que mon personal branding recruteur (marque personnelle/professionnelle) soit aligné avec l’employer branding (marque employeur en français) de la société. Je reste moi-même en prenant en compte l’aspect corporate. On va vraiment investir du temps et se donner les moyens pour développer cette stratégie. Je suis convaincue qu’on peut avoir de gros résultats.
Pour l’instant, pas du tout. Ca ne faisait pas partie de ma fonction. Maintenant je vais en définir. Le nombre d’abonnés pour constituer le vivier reste intéressant.
Mon objectif : devenir top of mind dans l’esprit des candidats.
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Merci à Lena et à Community Consulting pour cette interview.